Je ne vous parlerai pas ici d'Education, ni ne commenterai les décisions de Xavier Darcos, du fait de mon devoir de réserve en qualité de fonctionnaire de l'Education Nationale. En revanche, je vous parlerai de la dérive de notre société qui s'installe de plus en plus, et ce, même dans les cours de récréation.
Car, on ne peut le nier, les chiffres et les faits sont là : les actes d'incivilité, voir de violences s'invitent de plus en plus dans nos établissement scolaires.
Agressions verbales, agressions physiques, le métier d'enseignant n'est vraiment plus une sinécure. Il est donc logique, voir souhaitable que des mesures soient prises, car n'oublions pas que l'Etat à le devoir de protéger ses personnels et ses usagers, ne serait-ce que pour éviter que ces derniers ne se retournent contre lui, faute d'avoir pris ses responsabilités.
Le but de l'action politique est d'anticiper, pas de subir. Les solutions devraient se trouver avant que les problèmes ne prennent de l'ampleur. Il faut donc prendre des mesures, mais, sécurisation veut-elle dire dérive sécuritaire ? Je ne crois pas.
De même, et là, ce n'est pas la faute des pouvoirs public, mais bien une évolution des mentalités, la dérive de judiciarisation s'accélère. Dernier exemple en date : une mère d'un garçon de 8 ans porte plainte pour une échauffourée dans la cours de récré... le petit copain d'en face finissant au poste pour une audition avec ses parents. Une situation ubuesque ! Est-ce vraiment ce que l'on veut ? Au moindre problème, au moindre accroc dans notre vie nous saisissons tribunaux et Justice.
Je ne sais pas vous, mais moi, j'ai vraiment l'impression que l'on copie le modèle américain dans ce qu'il a de moins bon à chaque fois. D'un côté des mesures strictement coercitives ; de l'autre une utilisation de la Justice permanente.
Des mesures "physiques", "matérielles" seront certainement nécessaires ponctuellement. Mais, personnellement, je préfèrerais de la sensibilisation, tant auprès des élèves que des familles. Je pense que l'amélioration du "climat social" passe par la responsabilisation des différents acteurs. Mais, cela doit aussi passer par l'écoute de celles et de ceux qui au quotidiens subissent ce climat délétère par nos responsables politiques. De même, chacun à notre niveau devront prendre conscience que la première des solutions à une difficulté n'est pas une plainte ou un procès, mais bien la médiation.
Car, le problème, au-delà de tout ça, c'est bien le dialogue dans notre société. Finalement, du dialogue, est-ce si difficile à mettre en place ?
