Hier est tombée cette dépêche : «10 soldats français tués en Afghanistan, 21 blessés, le plus lourd tribut versé par l’Armée française depuis 1982».

C’est difficile à entendre, surtout quand on est en vacances sur les côtes bretonnes, le tout au milieu des retransmissions des Jeux Olympiques.

Imaginez, il ne manquait plus que ça ! On nous parle de baisse de pouvoir d’achat et de risque de récession ; on remarque l’absence de médailles d’or pour des athlètes qui ne pouvaient décevoir ; le temps est plus que morose et bronzer est une gageure… et comme si ça ne suffisait pas, il y a des soldats français qui trouvent le moyen de mourir ! Vraiment, l’été 2008 aura été pourri !

Je suis acide, irrévérencieux, mais je ne fais que rapporter ce que j’entends autours de moi.

On oubli bien facilement, que même si la vie en France n’est pas facile, que pour beaucoup les fins de mois sont difficiles, que le gazole est cher et qu’il faut travailler plus pour conserver les avantages acquis, il n’empêche qu’ici, on ne risque pas ou peu de tomber sous les balles d’un snipper. Que dans notre pays, on peut espérer boire sa noisette en terrasse sans avoir peur qu’un malade se fasse sauter avec sa ceinture de plastique à deux tables de vous. On oubli surtout que cette chance que nous avons a un prix, et que ce sont nos jeunes soldats français qui le paient, loin de leur patrie, comme leurs ainés naguère dans d’autres contrées. Mais c’est vrai que, comme j’ai pu le lire ailleurs, les militaires ne servent à rien…

Je ne vais pas faire un cours de géopolitique, des experts sont là pour ça. Le gouvernement va vous expliquer, et il a malheureusement raison, que ce déploiement est nécessaire. Qu’au-delà de la guerre contre le terrorisme international et l’économie du pavot, nos militaires aident à la formation des forces de défenses et de police afghanes. Qu’avec leur présence, c’est un ensemble de structures médicales et scolaires qui sont remises en place, et ainsi font que la démocratie va pouvoir s’installer dans ce pays. En fait, et pour faire court, nous ne faisons ainsi que continuer à transmettre les valeurs républicaines au-delà de nos frontières, comme le voulaient les Sans-culottes à Valmy… pour qu’enfin plus de paix soit présente sur notre planète.

C’est facile pour moi d’écrire ça : ce ne sont pas mes fils qui sont décédés sur les plateaux afghans, et j’espère et je prie pour n’avoir jamais à connaitre pareille épreuve. Je n’ose imaginer ce que peuvent ressentir les parents, les conjoints, les enfants et les proches de ceux qui ont donné leur vie hier à quelques dizaines de kilomètres de Kaboul. Aucun des mots, même ceux des plus hautes autorités de notre pays ne pourront soulager la douleur de celles et ceux qui auront perdu un être cher hier, tombé sous les balles des Talibans au nom de la Liberté et de la Démocratie. Je ne peux que m’associer à leur douleur et espérer que ce sacrifice n’aura pas été vain.