'' Je viendrais à ce pays mien et je lui dirais : Embrassez-moi sans crainte... Et si je ne sais que parler, c'est pour vous que je parlerai». Et je lui dirais encore : « Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir. »

Et venant je me dirais à moi-même : « Et surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l'attitude stérile du spectateur, car la vie n'est pas un spectacle, car une mer de douleurs n'est pas un proscenium, car un homme qui crie n'est pas un ours qui danse... » ''

Aimé Césaire Extrait du Cahier d'un Retour au pays natal (Présence Africaine éditeur)


Ce petit extrait résume à lui seul qui était Aimé Césaire. Pour celles et ceux qui aspirent à faire de la politique, ce petit extrait devrait leur servir d'exemple.

Hier, la nation toute entière a rendu hommage à celui qui ne rêvait que d'égalité par-delà les différences.

A l'heure ou des voix s'élèvent pour son entrée au Panthéon, je pense que Limoges, capitale de la Francophonie, devrait honorer un de ses chantres.

Un pont entre des rives pour un homme qui a été et restera un pont entre les cultures. Quel plus bel hommage Limoges pourrait rendre à Aimé Césaire qu'en baptisant de son nom le dernier pont qui traverse la Vienne ?